Le pardon

Le pardon"Le pardon est la plus belle fleur de la victoire" (proverbe arabe)

L’autre avait-il vraiment tous les torts ? Qu’est-ce que le pardon ?......

 

 

De plus en plus de thérapeutes inscrivent le pardon au cœur de leur pratique. Pas besoin d’avoir la foi. Le pardon se pratique d’abord pour soi. Il est pragmatique, quotidien, intérieur.

Il peut d’ailleurs se travailler seul. C’est un antibiotique qui permet d’annuler l’effet d’une bactérie appelée autocritique, jugement, rancune ou culpabilité, tous ces sentiments qui nous pourrissent la vie.

C’est un état intérieur auquel on accède après un travail parfois long, souvent difficile, parce qu’il nous oblige à nous remettre en cause, à assumer notre part de responsabilité, à prendre le risque d’avoir encore mal, à accepter nos limites et celles de l’autre. 

 

Le pardon a deux sens bibliques : lorsque Dieu pardonne à un homme, il écarte le châtiment prévu pour le péché. Et lorsqu’un homme pardonne à un autre, il annule ses mauvais sentiments à l’égard de celui qui l’a offensé.
Pourtant, une déception, une grande vexation, une trahison sont, à première vue difficilement pardonnables. Acte de courage pour certains ou de faiblesse pour d’autres, le pardon reviendrait à rompre un lien entre nous et la personne que l’on a tant appréciée. Un lien fait de ressentiment, d’amertume et de haine qui semblait nous stimuler...
Savoir pardonner, c’est donc tourner une page douloureuse, sans amertume.
Enfin, le pardon revient aussi à accepter l’erreur de l’autre. Il n’est alors plus possible de détester cette personne en rejetant la faute uniquement sur lui, et en se disant que l’on a sa conscience pour soi. Cela revient dans certains cas à admettre une certaine part de responsabilité.
Savoir pardonner demande donc de faire preuve d’une grande tolérance, d’une ouverture d’esprit qui vise à admettre l’erreur de l’autre et accepter qu’il ou elle ait pu nous faire souffrir.


Pourquoi pardonner ?

Pardonner ne signifie pas pour autant oublier ni excuser une faute ou un acte blessant. Il s’agit encore moins d’une faveur que l’on accorde au «coupable» ou un moyen pour lui de se sentir mieux et de recommencer !
Les bonnes raisons de pardonner :
- Savoir pardonner est un acte que l’on peut qualifier d’égoïste, que l’on fait pour soi, pour se sentir plus léger et heureux. Car c’est bien connu : la haine ou la volonté de vengeance exerce sur l’esprit un refus de l’oubli et donc  une fatigue morale certaine, à la longue. 
- Savoir pardonner, c’est aussi se pardonner à soi-même et reprendre en main son destin. Pardonner permet de soulager son cœur, de revenir à un état de liberté et une sorte d’autonomie vis à vis du passé. 
- Dans certains cas, le pardon peut mener à certaines réconciliations. Il est parfois possible de renouer des liens, en ayant pris du recul sur les évènements. Le pardon se charge simplement de nous faire prendre conscience qu’il ne sert à rien de reprocher à un/une ex les causes de l’échec de la relation mais plutôt d’en prendre acte pour mieux passer à autre chose.

Savoir pardonner : les grandes étapes

Le pardon est parfois long et douloureux. Ce cheminement se compose de plusieurs étapes :

• La prise de conscience : vous avez eu mal et vous en prenez conscience. Certains souffrent en silence et ressassent lorsque d’autres choisissent de développer diverses stratégies comme se mentir à eux-mêmes en  montant une histoire comme ça les arrange et en se donnant le meilleur rôle. D’autres font un déni de l’évènement et celui-ci n’existe plus. Mais l’inconscient, lui, s’en souvient et il va les ronger de l’intérieur en attendant que l’évènement revienne à la surface et qu’il y ait acceptation.
• Les reproches : on choisit ensuite de prendre conscience des choses et d’exprimer sa colère et son indignation. Ceci est un passage douloureux mais important dans la guérison afin de pouvoir ensuite le transformer en énergie positive. Mettre des mots sur la haine et l’amertume ressentie est donc nécessaire. Il est fréquent de ressentir une vraie antipathie pour l’être qui nous a blessés, ce qui parfois aide à surmonter l’épreuve, et c’est normal.

• L’acceptation : vient ensuite la période charnière où l’on fait une sorte d’inventaire. On se met alors à repenser à l’événement qui nous a déchiré et on apprend à le relativiser, à le nuancer, à l’accepter. L’important est de pouvoir prendre du recul en évitant de culpabiliser. On rentre alors dans les moments où l’on apprend à se détacher de l’autre et à faire le deuil d’un lien passé.
• Le pardon : C’est accepter ce passage douloureux de son histoire et sortir du rôle de victime. Quelqu’un nous a trahi, un membre de notre famille nous a fait du mal, un conjoint nous a lâchement abandonné...  Pour empêcher à la maladie de venir s’installer  à différents endroits du corps correspondants au problème avec lequel ils sont liés, il est préférable de faire le chemin de l’acceptation puis du pardon car tôt ou tard, d’une façon ou d’une autre, le problème rejaillira. 

Le  pardon n’est atteint qu’à deux conditions : on ne ressent plus de rancœur envers la personne qui nous a offensé et on se sent prêt à redevenir acteur de notre vie, à ne plus subir et à passer enfin à autre chose. Souvent même, le pardon rend plus fort... Faut-il tout pardonner ?

La notion de pardon ne dépend pas forcément de l’acte. Un crime, un inceste, un viol, un accident grave sont assurément des évènements traumatisants. Le pardon, ici, permet de se reconstruire plutôt que de se laisser sombrer et être en proie à diverses maladies. 

Pardonner, ce n’est pas valider ni excuser. Ce n’est pas prétendre que tout va bien et serrer les dents, ce n’est pas non plus une faveur que nous accordons à l’autre ou une autorisation à recommencer. Non, ici, l’important n’est pas de savoir si ce que l’on nous a fait est bien ou mal, si le " coupable " mérite d’être puni ou pas. Peu importe tout cela. Ce qui compte, c’est de pardonner pour soi, pour être en paix avec soi-même, garder une bonne santé et redonner un sens à sa vie, bref…  pour être heureux.

 

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